122 NOTICES ET PORTRAITS
la Convention des nobles et malheureux restes dela Gironde. Il y écrivit pour ouvrir les cœurs etpour ramener les lois a des sentiments humainsenvers les pères et les mères des émigrés, pourfaire restituer leurs biens aux enfants des condam-nés, et rendre leur patrie à ceux qui s’étaient réfu-giés sur la terre étrangère, non par choix, maispar nécessité, et afin de se soustraire h la mort. Ilattaqua tous les effets de la Terreur, et il contribuaà la réaction contre ses actes sans concourir auxvengeances contre les personnes, ayant le rarebonheur, dans ces temps de violences publiques,de ne se souvenir de sa proscription que pour aiderdes proscrits et non pour en faire.
Ce fut alors que, la Convention ayant fondé l’In-stitut national et les écoles centrales, M. Rœdererfut nommé membre de votre classe et professeurd’économie politique. Le premier de ces titres étaitun hommage rendu a sa science et a ses travaux;le second était un appel fait a son habile enseigne-ment. Ces honneurs intellectuels étaient les seulsqui convinssent aux désirs, ou, pour mieux dire,aux dégoûts de M. Rœderer. 11 ne voulait plus re-lever que de sa pensée. Le souvenir du 10 août ledétournait des fonctions publiques ; il aimait mieuxjuger les autres qu’agir lui-même. Ce fut le rôlequ’il prit et qu’il conserva sous le Directoire. Il lutdes Mémoires excellents a l’Institut ; il fit un coursremarquable au Lycée sur l’économie politique; ilrédigea le Journal de Paris, en même temps'qu’une