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Revue politique et littéraire, et dit son avis sur touteschoses et son opinion sur tout le monde. Il avaitrenoncé aux idées absolues de 1789; l’expériencel’avait corrigé de l’exagération des théories. « Lapolitique, écrivait-il, est un champ qui n’a été par-couru jusqu a présent qu’en aérostat ; il est tempsde mettre pied a terre. » Ses goûts le rattachaienth l’ordre, et ses doctrines l’éloignaient du particonventionnel qui dominait dans le Directoire. Il selivra a une polémique vive, spirituelle, courageuse,qu’il aurait expiée par la déportation au 18 fructi-dor, si l’un de ses plus illustres collègues a l’Institutet a l’Assemblée constituante, M. de Talleyrand, n’a-vait pas obtenu sa radiation de la liste fatale où sonnom était inscrit avec celui des deux directeurs dis-sidents, des chefs de la majorité des conseils et decinquante-quatre journalistes.
M. Rœderer se tut et s’effaça jusqu’au 18 bru-maire, dont il fut l’un des premiers confidents etdes principaux coopérateurs. M. de Talleyrand etlui ménagèrent les premières entrevues du direc-teur Sieyès et du général Bonaparte, et préparèrent,de concert avec eux, le plan, les moyens et les ré-sultats de cette grande entreprise. « Je fus chargé,dit M. Rœderer, de négocier les conditions politi-ques d’un arrangement entre Bonaparte et Sieyès;je transmettais de l’un a l’autre leurs vues respec-tives sur la constitution qui serait établie et sur laposition que chacun d’eux y prendrait. »
Après le 18 brumaire et la nomination des con-