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LES PRÉCIEUSES RIDICULES,
MADELON.
Que veux-tu , ma chère ? j’en suis en confusion pour lui.J’ai peine à me persuader que je puisse être véritablement safille, et je crois que quelque aventure un jour me viendra dé-velopper une naissance plus illustre.
CATHOS.
3e le croirais bien ; oui, il y a toutes les apparences dumonde ; et pour moi, quand je me regarde aussi...
SCÈNE VII.
CATHOS, MADELON, MAROTTE.
MAROTTE.
Voilà un laquais qui demande si vous êtes au logis, et ditque son maître vous veut venir voir.
MADELON.
Apprenez, sotte, à vous énoncer moins vulgairement. Dites :voilà un nécessaire qui demande si vous êtes en commoditéd’être visibles.
MAROTTE.
Dame ! je n’entends point le latin, et je n’ai pas appris,comme vous, la filopliie dans le grand Cyre.
MADELON.
L’impertinente! Le moyen de souffrir cela! Et qui est-il,le maître de ce laquais?
MAROTTE.
Il me l’a nommé le marquis de Mascarille.
MADELON.
Ab! ma chère, un marquis! un marquis! Oui, allez direqu’on nous peut voir. C’est sans doute un bel esprit qui auraoui parler de nous.
CATHOS.
Assurément, ma chère.
MADELON.
Il faut le recevoir dans cette salle basse plutôt qu’en notrechambre. Ajustons un peu nos cheveux au moins, et soute-nons notre réputation. Vite, venez nous tendre ici dedans leconseiller des grâces.
MAROTTE.
Par ma foi ! je ne sais point quelle bête c’est là ; il faut par-ler chrétien (1), si vous voulez que je vous entende.
(0 Parler chrétien,c’est parler un langage Intelligible. Cette expres-sion est venue des Vénitiens, qui disent que, comme il n’y a de vraie re-