Buch 
Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
Entstehung
Seite
159
JPEG-Download
 

159

SCÈNE VI.

tlios ni de Madelon, et ne m’avouerez-vous pas que ce seraitassez d’un de ces noms pour décrier le plus beau roman dumonde?

CATIIOS.

Il est vrai, mon oncle, qu’une oreille un peu délicate pâtitfurieusement à entendre prononcer ces mots-là; et le nom dePolixène que ma cousine a choisi, et celui d’Aminte que jeme suis donné, ont une grâce dont il faut que vous demeuriezd’accord.

GORGIBL'S.

Écoutez : il n’y a qu’un mot qui serve. Je n’entends point ,que vous ayez d’autres noms que ceux qui vous ont été don-nés par vos parrains et marraines ; et pour ces messieurs dontil est question, je connais leurs familles et leurs biens, et jeveux résolument que vous vous disposiez à les recevoir pourmaris. Je me lasse de vous avoir sur les bras, et la garde dedeux tilles est une charge un peu trop pesante pour un hommede mon âge.

CATIIOS.

Pour moi, mon oncle, tout ce que je puis vous dire, c’estque je trouve le mariage une chose tout à fait choquante.Comment est-ce qü’on peut souffrir la pensée de coucher con-tre un homme vraiment nu ?

MADELON.

Souffrez que nous prenions un peu haleine parmi le beaumonde de Paris, où nous ne faisons que d’arriver. Laissez-nous faire à loisir le tissu de notre roman, et n’en pressezpoint tant la conclusion.

CORCIBUS à part.

U n’en faut point douter, elles sont achevées. (Haut.) En-core un coup, je n’entends rien à toutes ces balivernes: jeveux être maître absolu ; et, pour trancher toutes sortes dediscours, ou vous serez mariées toutes deux avant qu’il soitpeu, ou, ma foi, vous serez religieuses; j’en fais un bonserment.

SCÈNE YI.

CATHOS, MADELON.

CATIIOS.

Mon Dieu, ma chère, que ton père a la forme enfoncéedans la matière! que son intelligence est épaisse, et qu’il faitsombre dans son âme !