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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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LES PRÉCIEUSES RIDICULES,

que nous nous vîmes, il commandait un régiment de cava-lerie 6ur les galères de Malte.

MASCARILLÈ.

U est vrai : mais vous étiez pourtant dans l’emploi avantque j’y fusse ; et je me souviens que je n’étais que petit offi-cier encore, que vous commandiez deux mille chevaux.

JODELET.

La guerre est une belle chose; mais, ma foi, la cour récom-pense bien mal aujourd’hui les gens de service comme nous.

MASCARILLE.

C’est ce qui fait que je veux pendre l’épée au croc.

CATIIOS. •

Pour moi, j’ai un furieux tendre pour les hommes d’épée.

MADEL0N.

Je les aime aussi ; mais je veux que l’esprit assaisonne labravoure.

MASCARILLE.

Te souvient-il, vicomte, de cette demi-lune que nous em-portâmes sur les ennemis au siège d’Arras ?

JODELET.

Que veux-tu dire, avec ta demi-lune? C’était bien une lune■tout entière

MASCARILLE.

Je pense que tu as raison.

JODELET.

Il m’en doit bien souvenir, ma foi ! j’y fus blessé à la jambed’un coup de grenade, dont je porte encore les marques. Tâ-tez un peu, de grâce ; vous sentirez quel coup c’était là.

CATIIOS , après avoir louché l’endroit.

Il est vrai que la cicatrice est grande.

MASCARILLE.

Donnez-moi un peu votre main, et tâtez celui-ci ; là, jus-tement au derrière de la tête. Y êtes-vous ?

MADELON.

Oui, je sens quelque chose.

MASCARILLE.

C’est un coup de mousquet que je reçus, la dernière cam-pagne que j’ai faite.

JODELET découvrant sa poitrine.

Voici un autre coup qui me perça de part en part à l’atta-que de Gravelines (l).

(i) Valtaque de Gravelines était un événement récent à l’époque o'ifut jouée la pièce, c’est-à-dire en leaa. L’année précédente, te maréchaldelà Ferté avait pris cette ville sur les Espagnols. Le siège d\lrras