SCÈNE XII.
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MASCARILLE mettant la main sur le boulon de son bant-de-ehausse.
Je vais vous montrer une furieuse plaie.
MADELON.
Il n’est pas nécessaire : nous le croyons sans y regarder.
MASCARILLE.
Ce sont des marques honorables qui font voir ce qu’on est.
CATIIOS.
Nous ne doutons pas de ce que vous êtes.
MASCARILLE.
"Vicomte, as-tu là ton carrosse?
JODELET.
Pourquoi ?
MASCARILLE
Nous mènerions promener ces dames hors des portes , etleur donnerions un cadeau (1).
MADELON.
Nous ne saurions sortir aujourd’hui.
MASCARILLE.
Ayons donc les violons pour danser.
JODELET.
Ma foi, c’est bien avisé.
MADELON.
Pour cela, nous y consentons : mais il faut donc quelquesurcroît de compagnie.
MASCARILLE.
Holà! Champagne, Picard, Bourguignon, Cascaret, Bas-que, la Verdure , Lorrain , Provençal, la Violette! Au diablesoient tous les laquais ! Je ne pense pas qu’il y ait gentil-homme en France plus mal servi que moi. Ces canailles melaissent toujours seul.
MADELON.
Almanzor, dites aux gens de monsieur le marquis qu’ilsaillent quérir des violons, et nous faites venir ces messieurset ces dames d’ici près, pour peupler la solitude de notre bal.
( Almanzor sort.)
é
dont Mascarttle parle plus haut, remontait à 1684. Turenne avait faitlever ce siège au prince de Condé , qui servait alors dans l’armée espa-gnole. ( A.)
(0 On disait alors se promener hors des portes, parce que Paris, en-core entouré de remparts et de fossés, avait des portes auxquelles abou-Us3aient les principales rues qui vont du centre à ta circonférence. C’estsur remplacement de ccs remparts et de ces fossés que Louis XIV fit en-suite planter la promenade que nous nommons boulevards. — Donnerun cadeau, signifiait autrefois donner une fête, donner un repas.