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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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ACTE II, SCÈNE VI.

Si j’y retombe plus , je veux bien qu’on m'affronte.

(haut.)

Cbut. De votre innocence, Agnès, c’est un effet;

Je ne vous en dis mot. Ce qui s’est fait est fait.

Je sais qu’en vous flattant le galant ne désireQue de vous abuser, et puis après s’en rire.

AGNÈS.

Ob ! point. Il me l’a dit plus de vingt fois à moi.

ARNOLPHE.

Ab ! vous ne savez pas ce que c’est que sa foi.

Mais enfin apprenez qu’accepter des cassettes,

Et de ces beaux blondins écouter les sornettes ;

Que se laisser par eux , à force de langueur,

Baiser ainsi les mains et chatouiller le cœur,

Est un péché mortel des plus gros qu’il se fasse.

AGNÈS.

Un péché, dites-vous? Et la raison, de grâce?

AKNOLPIIE.

La raison? La raison est l'arrêt prononcéQue par ces actions le ciel est courroucé.

AGNÈS.

Courroucé! Mais pourquoi faut-il qu’il s’en courrouce?C’est une chose, hélas! si plaisante (1) et si douce!J’admire quelle joie on goûte à tout cela;

Et je ne savais point encor ces choses-là.

ARN0I.PUE.

Oui, c’est un grand plaisir que toutes ces tendresses,Ces propos si gentils , et ces douces caresses;

Mais il faut le goûter en toute honnêteté,

Et qu’en se mariant le crime en soit ôté.

AGNÈS.

N’est-ce plus un péché lorsque l’on se marie ?

ARNOLPHE.

Non

AGNÈS.

Mariez-moi donc promptement, je vous prie.

AlîNOLPUE.

Si vous le souhaitez, je le souhaite aussi,

Et pour vous marier on me revoit ici.

(0 Plaisant est pris Ici dans une acception qui s’est perdue. On disaitautrefois d'une chose agréable, séduisante, voluptueuse, que c’étaitchose plaisante, res voluptuosa. Cette ancienne acception s’est con-servée dans le mot déplaisant, par lequel on entend qu’une chose neplaît pas.

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