384 LA. CRITIQUE DE L’ÉCOLE DES FEMMES,
LE MARQUIS.
Morbleu ! merveille.
CLIMÈNE.
Miracle !
ÉLISE.
Vivat ! monsieur Lysidas.
LYSIDAS.
Je laisse cent mille autres choses ,de peur d’être ennuyeux.
LE MARQUIS.
Parbleu ! chevalier, te voilà mal ajusté.
DORANTE.
Il faut voir.
LE MARQUIS.
Tu as trouvé ton homme, ma foi.
DORANTE.
Peut-être.
LE MARQUIS.
Réponds, réponds, réponds, réponds.
DORANTE.
Volontiers. 11...
LE MARQUIS.
Réponds donc, je le prie.
DORANTE.
Laisse-moi donc faire. Si...
LE MARQUIS.
Parbleu ! je te défie de répondre.
DORANTE. *
Oui, si tu parles toujours.
CLIMÈNE.
De grâce, écoutons ses raisons.
DORANTE.
Premièrement, il n’est pas vrai de dire que toute la piècen’est qu’en récits. On y voit beaucoup d’actions qui se pas-sent sur la scène ; et les récits eux-mêmes y sont des actions,suivant la constitution du sujet; d’autant qu’ils sont tous faitsinnocemment, ces récits, à la personne intéressée, qui, parlà, entre à tous coups dans une confusion à réjouir les spec-tateurs, et prend, à chaque nouvelle, toutes les mesures qu’ilpeut, pour se parer du malheur qu’il craint.
URANIE.
Pour moi, je trouve que la beauté du sujet de l’Ecole desfemmes consiste dans cette confidence perpétuelle; et, cequi me paraît assez plaisant, c’est qu’un homme qui a de l’es-prit , et qui est averti de tout par une innocente qui est sa