ACTE II, SCÈNE VI. 629
SGANARELLE.
Tant mieux. Sent-elle de grandes douleurs ?
GÉRONTE.
Fort grandes.
SGANARELLE.
C’est fort bien fait. Va-t-elle où vous savez?
GÉRONTE.
Oui.
SGANARELLE.
Copieusement ?
GÉRONTE.
Je n’entends rien à cela.
SGANARELLE.
La matière est-elle louable ?
GÉRONTE.
Je ne me connais pas à ces choses'
SGANARELLE à Lucinde.
Donnez-moi votre bras, (à Géronte.) Voilà un pouls quimarque que votre fille est muette.
GÉRONTE.
Eh! oui, monsieur, c’est là son mal; vous l’avez trouvétout du premier coup.
SGANARELLE.
Ha! ha!
JACQUELINE.
Voyez comme il a deviné sa maladie!
SGANARELLE.
Nous autres grands médecins, nous connaissons d’abordles choses. Un ignorant aurait été embarrassé, et vous eûtété dire : C’est ceci, c’est cela ; mais moi, je touche au butdu premier coup, et je vous apprends que votre fille estmuette.
GÉRONTE.
Oui; mais je voudrais bien que vous me puissiez dire d’où•cela vient.
SGANARELLE.
Il n’est rien de plus aisé ; cela vient de ce qu’elle a perdula parole.
GÉRONTE.
Fort bien. Mais la cause, s’il vous plaît, qui fait qu’elle aperdu la parole ?
SGANARELLE.
Tous nos meilleurs auteurs vous diront que c’est l’empê-chement de l’action de sa langue. r