ACTE III, SCÈNE XI
647
MARTINE.
Encore, si tu avais achevé de couper notre bois, je pren-drais quelque consolation.
SG AN AR ELLE.
Retire-toi de là, tu me fends le cœur !
MARTINE.
Non, je veux demeurer pour t’encourager à la mort; et jene te quitterai point que je ne t’aie vu pendu.
SGANARELLE.
Ah!
SCENE X.
CÉRONTE, SGANARELLE, MARTINEGÉRONTE à Sganarelle.
Le commissaire viendra bientôt, et l’on s’en va vous mettreen lieu où l’on me répondra de vous.
SGANARELLE’à genoux.
Hélas! cela ne se peut-il point changer en quelques coupsde bâton ?
GÉRONTE.
Non, non; la justice en ordonnera. Mais que vois-je?
SCÈNE XI.
A
GÉRONTE , LÉANDRE, LUCINDE , SGANARELLE, LUCAS ,MARTINE.
LÉANDRE.
Monsieur, je viens faire paraître Léandre à vos yeux, etremettre Lucinde en votre pouvoir. Nous avons eu desseinde prendre la fuite nous deux, et de nous aller marier ensem-ble; mais cette entreprise a fait place à un procédé plus hon-nête. Je ne prétends point vous voler votre fille, et ce n’estque de votre main que je veux la recevoir. Ce que je vousdirai, monsieur, c’est que je viens fout à l’heure de recevoirdes lettres par où j’apprends que mon oncle est mort, et queje suis héritier de tous ses biens.
GÉRONTE.
Monsieur, votre vertu m’est tout à fait considérable, et jevous donne ma fille avec la plus grande joie du monde.