DU COMTE MARSIGLI. m
je sus pendant trois jours fans pouvoirrien prendre , que quelques gouttes debouillon de chair de cheval, qu'on meforçoit d’avaler , avec quelques mor-ceaux de pain : étoit-ce charité de lapart de mes Maîtres, ou la crainte deme perdre? c’est ce que je n’oserois at-surer.
Le butin devint íì considérable, qu’onsongea aux moyens de le convertir enespèces : On en chargea un Détache-ment pour l’aller vendre au Camp Turc ;cette Troupe étoit fort nombreuse &resi'embloità ces gros Convois, qui vontravitailler un Armée en disette , quan-tité de Boeufs, de Moutons & sembla-ble bétail, quantité de Chevaux char-gés de nipes de toutes les sortes, grandnombre d’Esclaves de tout sexe dc detoute condition , tout cela étoit escor-té par quelques centaines de Tartares,commandés par sept à huit Officiers,l'on alloit le meilleur train du monde,lorsque tout-à-coup on fut arrêté anLac de Naisildir , formé par les eauxde la Riviere Rabdeniz. Il falloit fans
ba-