IÓ2
LA VIË
ésperance. Cette nouvelle me fit fre-ìmir ; & me fit encore bien plus com-prendre de quel poids étoit la grâceque je venois de recevoir de Dieu, 6cde la diligence , qu’on avoit emploiéà me secourir.
On entra ensuite dans la Gondole duSénateur , pour être conduit daíis sonPalais ; on lui ouvrit un appartement ,& là , fans balancer , il se jetta sur unlit tel, qu’il s’étoit écoulé bien des mois,qu’il n’en avoit eu un semblable. Cefut alors, dit-il , que je commençai àm’appercevoir , que je n’étois plus enEsclavage; car tout le tems, qui s’étoitpaílé depuis le jour de ma rançon , jePavois regardé co;nme un songe, je disdonc ici ces paroles à mon divin Sei-gneur, les larmes aux yeux : f unes pcc-catorum circumplexi junt me , 'ó legemtuam non sum oblitus ; Oui Seigneurvous avez permis , que je portaílè leschaînes de vos ennemis , & parce-queje n ai pas perdu de vue la confianceque je devois en vôtre miséricorde,vous m’eu avez délivré,
Mon-
i