DU TRADUCTEUR.
Edition que l’on vient de nous donner de ceLivre. L’Editeur nous assure bien aussi queces Pièces venoient des mêmes mains que lesprécédentes ; mais, comme Mr. le ChevalierSTEELE n’a proprement avoué pour sien quece qui jiarut dans les Editions de 1710. & de1711, on ne peut en justice en publier davan-tage fous son Nom.
Ce Nom n'auroit pas fait tort à la publica-tion de ces petites Pièces, si l’Auteur avoitvoulu fe faire connoître dès le commence-ment. Mais il eut ses raisons pour vouloirêtre inconnu. Le voile lui étoit utile à millechoses. Il en aqueroit la liberté de paroîtreen vrai Protée , qui prenoit toutes fortes deformes selon le te ms & les occurrences. O11le voïoit d un jour à l’autre changer d habits& de langage. Courtisan, Soldat, Philoso-phe, Marchand, Critique, Galant, Censeur,jeune Homme, Vieillard, Fille, Esprit pur;que lài-je ? Il pouvoit être tout ce qu il vou-lois , pendant qu on ne le connoissoit point.Mr. BICKERSTAFF avoit ce privilège, ScMr. STEELE ne 1 avoit pas. Ce fut en par-tie ce qui lui fit abandonner ce Masque ; lors-que ses Amis Sc ses Ennemis travaillèrent,comme dc concert, à publier fou vrai Nom.
Celui d’ISAAC BICKERSTAFF lui parutd abord très-propre au dessein quil avoit de
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