PREFACE
les Malades de le venir consulter, & sès Li-vrets de se vendre, U avertit donc le Publicde la pièce qu’on lui avoit faite, & cet Aver-tissement ne servit qu’à fournir une nouvelleScène à la Comedie.
Ce fut precisement dans le tems que cetteFarce fe jouoif, & divertissoit toute la Ville,que Mr. STEELE commença l’éxecution dudessein quil avoit médité , de donner uneFeuille volante de Nouvelles, qui fût d unenature un peu différente des Gazettes com-munes. Le nom d ISAAC BICKERSTAFFlui appartenoit tout autant qu’à Mr. SWIFT,& il ne fit point difficulté de s’en saisir. Celaconvenoit à ses fins, de ne paroître pointlui-même, Sc néanmoins de faire paroître sonOuvrage fous un Nom qui le mît en voguepour les premiers jours ; après quoi l’on de-voir être assuré qu il íè íòutiendroit par sonpropre mérite Tout le monde y fut pris, Scquand l’innocente fraude fut connue, on nes’en plaignit point. U n’y eut que le Docteurqui en ressentit du chagrin. Il exhala fa bile,Sc ce quil y gagna, fut de s'attirer quantitéde traits piquans qui font répandus contre luien divers endroits de ces quatre Volumes.
La colère de Mr. SWIFT n’empêcha pasque les Feuilles volantes de Mr. STEELE nefussent reçues à la Cour, & à la Ville avec un
aplau-