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I. PIECE.
manifesté à tout le monde le 2 s. de ce Mois.
Ici finissent les Calculs que j’ai faits pour l’An-née courante. Je ne doute pas qu’il n’arrive biend’autres choses considérables outre ce que je viensde marquer ; mais je soutiens que toutes mesPrédictions s’accompliront avec la derniere exac-titude. On me demandera peut-être, d’où vientque j’ai parlé si peu des affaires de l’Etat, & dusuccès de nos Armes.. II est certain que j’enpouvois dire bien des particularités que j’ai sup-primées. Mais nos Ministres ont témoigné leurprudence en nous ôtant la liberté d’éclairer detrop près leur conduite, & moi, je veux mon-trer ma discrétion en ne touchant point une cor-de qui déplait à nos Maîtres. Je dirai pourtanten gros, que cette Campagne fera fort glorieuseaux Alliez, que nos Ángloìs feront merveilles parMer & par Terre ; que la lanté & la prospéritéde la Reine se soutiendront , & qu’il n’arriverapoint d’accident fâcheux au Ministère.
L’accomplissement de mes Prédictions fera voiraux Lecteurs, que l’on ne doit pas me confon-dre avec les Astrologues du commun. Ce gens-là se moquent du monde avec leur Galimathiasscientifique , & les petits Crochets qu’ils rangenten bataille, en guise de Planètes. C’est un abusque l’on n’a que trop souffert. Mais quoi ! Faut-il mépriser la Medecine, parce qu’il y a des Char-latans ? Je me flatte d’avoir quelque peu de ré-putation , & je ne voudrois pas perdre le peu quej’en ai, pour un Caprice , ou pour un Badinage.Les honnêtes-gens qui liront cette Pièce verrontbien qu’elle n’est pas de la mème trempe que tant
d’autres