I. PIECE.
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d’auttres que Pon crie tous les jours dans les Rues.Je pilains les pauvres Barbouilleurs de papier quiiPècrivent que pour gagner quelques Soús. LaFortune m’a placé au-dessus de cette honteuse né-cessité ; je méprise de si petits profits , & je n’eaai point affaire.
Que les Personnes sages n’aillent donc pas con-damner cet Essai trop legerement. Je Pai com-posé dans un bon dessein ; j’ai voulu cultiver ,& perfectionner une Science ancienne, mais tom-bée dans le décri, parce qu’elle est tombée en demauvaises mains. Le temps montrera bientôt sij’ai trompé les autres , ou si je me fuis trompémoi-même; & toute la saveur que je demande,est que Pon suspende jusques-là son jugement.
J’ai été autrefois de Pavis de ceux qui mépri-sent PAstrologie judiciaire, & j’en serois peut-^treencore , si ce n’est qu’en 1686 , une Personnede Qualité me fit lire sur ses Tablettes, ce qu’el-le y avoit écrit, * que le fameux Astronome Mr.le Capitaine H. lui avoit déclaré qu'il ne croiroitplus l’influence des Astres , s’il n’arrivoit pas enAngleterre une grande révolution en 1688- De-puis ce temps-là, j’ai changé d’opinion, & je nem’en repens pas après une étude de dix-huit ans.
Je prendrai congé du Lecteur en l’avertiisant,que la Relation que je donnerai des Evenemensde l’année suivante contiendra tout ce qui doitarriver de plus considérable dans P Europe. Si je
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* Un Almanach imprimé à Londres, qvant le mois deDécembre 1687 , avoit prédit pour t688- la Catastrophedu tapisme en Angleterre, Voïez Mr. BAYLE,pensées di-vers, fur les Comètes, Continuât. Tom. I. §. 44,