Buch 
Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
Entstehung
Seite
38
JPEG-Download
 

II. PIECE.

i7

11 y a deux ou trois jours quil fe trouva matà ne pouvoir sortir de sa Chambre : A peine ysut il confiné, quil salut le mettre au lit, le* Dr. Case , & la Veuve Eirleus lui rendirent visi-te , & lui prescrivirent quelques remedes.-deLfus, Renvoyai, trois fois par jour , un de mesDomestiques pour sinformer de son état. Japprishier , fur les quatre heures après midi, quil tiroità fa fin , & je ne le fus pas plutôt, que je medéterminai à Daller voir, èn partie par un princi-pe de compassion , & fur tout, sil faut lavouer,par un motif de curiosité.

II me reconnut, & surpris de la civilité que jelui faiifois, il men fit compliment du mieux quilput , dans Pétat il fe trouvoit. Les gens quile foignoient minformerent que le Malade avoiteu quelques momens de délire ; mais, lors queje le vis, il paroiífoit avoir autant de bonfens queje lui en aie jamais connu : II avoit la voix nette,& la parole libre, fans quil fit aucun effort pourfe faire entendre. Après lui avoir témoigné lechagrin que javois de le voir si bas , je le priaide me dire ingénument, si par hazard les Prédic-tions d u Sieur Eic^erjiaf navoient point frappé sonImagination? II me confessa , quelles lui avoientsouvent roulé dans la tête ; mais quelles ne la-voient point étonné , si ce nest depuis quinzejours, quil navoit écarter de son Esprit cettetriste idée , & quil croyois en vérité, que ceci

B étoit

* Ce:s deux Personnes ont été , pendant plusieurs An-nées les Médecins de la Canaille , pour k s Maladies Vé-nériennes & autres semblables.