II. PIECE.
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11 y a deux ou trois jours qu’il fe trouva matà ne pouvoir sortir de sa Chambre : A peine ysut il confiné, qu’il salut le mettre au lit, où le* Dr. Case , & la Veuve Eirleus lui rendirent visi-te , & lui prescrivirent quelques remedes. Là-deLfus, Renvoyai, trois fois par jour , un de mesDomestiques pour s’informer de son état. J’apprishier , fur les quatre heures après midi, qu’il tiroità fa fin , & je ne le fus pas plutôt, que je medéterminai à Daller voir, èn partie par un princi-pe de compassion , & fur tout, s’il faut l’avouer,par un motif de curiosité.
II me reconnut, & surpris de la civilité que jelui faiifois, il m’en fit compliment du mieux qu’ilput , dans Pétat où il fe trouvoit. Les gens quile foignoient m’informerent que le Malade avoiteu quelques momens de délire ; mais, lors queje le vis, il paroiífoit avoir autant de bonfens queje lui en aie jamais connu : II avoit la voix nette,& la parole libre, fans qu’il fit aucun effort pourfe faire entendre. Après lui avoir témoigné lechagrin que j’avois de le voir si bas , je le priaide me dire ingénument, si par hazard les Prédic-tions d u Sieur Eic^erjiaf n’avoient point frappé sonImagination? II me confessa , qu’elles lui avoientsouvent roulé dans la tête ; mais qu’elles ne l’a-voient point étonné , si ce n’est depuis quinzejours, qu’il n’avoit pû écarter de son Esprit cettetriste idée , & qu’il croyois en vérité, que ceci
B étoit
* Ce:s deux Personnes ont été , pendant plusieurs An-nées les Médecins de la Canaille , pour k s Maladies Vé-nériennes & autres semblables.