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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

„ Ainsi nous serons tous contens ;

„ De l’odeur de mon vin vous ne pourrez vousplaindre;

„ Et moi, je n’aurai plus à craindre„ Votre sotte harangue, Sc vos airs insultans.

Sans doute il falloit que GrégoireEût perdu tout à fait le sens & la Raison,

S’il eut la foiblefle de croireQu'un tel dessein rendroit la paix à fa Maison.

Le mal en devint pire, Sc Jeanne dépitée

N’en fut que plus méchante, & que plus emportée.

Elle en etourdissoit ses intimes Amis.

Dans ce nombre elle avoit unOncle,homme très-íàge,Et qui dans tout le Voisinage ,

Passoit pour un Oracle en fait de bons avis.

Elle alla le trouver, lui dit fa doléance,

Et lui fit de ses maux entiere confidence.Ingénument elle lui conta tout.

Tout. . fans taire le point qui 'a poussoit à bout.

„ Chere Nièce, vos maux ne font pas fans remède,

„ Lui dit-il; si plutôt vous m’euílìez consulté,

„ Par un thrésor que je possède,

,, je pouvois, en un mois, avec facilité,

„ Vous rendre le repos de toute votre vie.

,, Dans mon Jardin coule un foible ruisseau,

„ Dont la source presque tarie,, Pour mouiller le gravier donne à peine assez d'eau.

„ Cette eau, rare en tout sens, à la vertu puissante„ De rétablir la paix entre Femme & Mari.

,, De cet «fiée admirable, inoui,

„ La cause est auílì surprenante.

„ Cette eau, beaucoup mieux que le vin,

,, Par une qualité secrette,

D’un