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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

s4

Plus forte encor chez ce Sexe charmant,Lsintéressoit tendrement à la chose.

Le Mari vient; il heurte à fa porte en tremblant,Et s’étonne fort qu’en entrantII trouve tout chez lui dans un profond silence.Point de bruit, point de cri s. Oh ! oh ! dit-il, je pense.Que ma Femme est défunte. Et d’où vient que ce soitJe n’entends pas ici le sabbat ordinaire?

Dans ce moment Madame se fait voir.

Elle avoir pris Peau salutaire;

Sa bouche en étoit pleine : Et du geste & des yeuxSupléant au discours, pour suivre ^Ordonnance ,Mème au delà, d'une humble reverenceElle accompagne un souris gracieux.

Grégoire confondu de semblables merveillesN’en croyoit point encor ses yeux ni ses oreilles.

„ Qu’est-ceci ? cria-t-il. Se moque-t-on de moi ?

Nouveau souris; Reverence nouvelle.

Avec attention considérant la Belle,

II sourit à son tour, ilPembrasse, „Et ma foi,

,, Jé ne sai, lui dit-il, ce que ceci veut dire ;

„ Mais je sens en mon cœur les plus doux mouve-mens ;

„ Vos yeux & vos habits me parodient charmans;„ Pardonnez le passé. Que ne puis je !... 11 soupire ,II lui serre la main, & lui-mème à son litAvec l’émotion d’un Amant la conduit.

Pendant les trente jours que la Bouteille dure,Avec mème suçcès on tente l’avanture ;

Ce fut un mois de Paradis.

Mais, ce tems expiré, recommencent les cris,

Le lit à part, & toute la sequelleDe la précédente quérelle.

Jean*