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LE PHILOSOPHE
& s’éorie, Ah ! Valentin, est ce donc pour moi quitu és mort ? Pour moi ! Pour moi , qui f ai traité a-vec tant de barbarie! Non , Valentin , je ne veuxpas te survivre , je veux mourir avec toi. On eutbeau faire, on ne pût le séparer de ce Corps; ilfallut emporter le mort dans les bras du vivant.Je vous laide à penser si cette vue touchante ar-racha des larmes à leurs Camarades, instruits qu’ilsetoient de leur ancienne brouillerie. Le Caporalfut enfin porté dans unt Tente. Ce fut avec beau-coup de peine qu’il consentit que l’on pansât saplaie; mais le lendemain il mourut, ayant tou-jours le nom de Valentin à la bouche , Sc témoi-gnant une douleur amers des mauvais traitemensqu’il lui avoit faits.
Les personnes qui se connoiflsent en beaux íen-timens peuvent agiter la question , oui de cesdeux infortunez fit paroitre le plus de grandeurd’Ame ; ou celui qui eut la générosité de bazar-der fa vie pour sauver celle de son Ennemi, oucelui qui ne voulut pas survivre à un Ennemi sigénéreux ?
A quel degré de gloire ne peut prs ateîndreun Peuple chez qui l’on trouve tant Je magna-nimité '{ Mais il faut l’avouer ; Salluste l’a dit, &c’est une excellente réflexion de cet Historien ,„ que les grandes révolutions ne vienneit pas tant„ du caractère général des Peuples, que du ge-„ nie extraordinaire des Personnes qui es condui-,, sent ”. 11 dit à ce sujet que ^agrandissement
des Romains ne devoit être attribué , u à la su-périorité de leur Politique, qui le ceíoit à celledes Carthagionis ; ni à leur Valeur, quin’étoit pas