NOUVELLISTE. Art. VII.
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fi bien qu’elle. Je dirai, par parenthèse, qu’il seconnoit en Esprit autant qu’elle en Chevaux. Cesdeux Originaux se voient reglément tous les jours,& tout le monde croit que cela tend au Maria-ge. Ils le croient eux-mèmes ; mais pour moi,je trouve que les choses n’en peuvent jamais ve-nir là. Car, au lieu de chercher réciproquementà se dire des choses obligeantes , quand ils fontensemble, ils p a dent tout leur temps à ne parlerchacun que de foi .Le Colonel n’a d’autre soucique de faire sentir à la Dame, qu’il entend sonmonde, & qu’il est homme de conséquence. LaDame ne songe de son côté qu’à faire bien com-prendre au Colonel qu’elle poilede toutes les per-fections de l’Esprit, & du Corps. Piquet entre-tient Florimelle des gens qu’il commandent en tellerencontre, & de la maniéré dont il les avoit po-stes. Florimelle raconte à Piquet les ajustemens qu’el-le avoit, un soir qu’elle parut à la Cour; & lespartis qu’elle rejetta la semaine d’aprës. On diroitqu’elle avoit écouté , avec admiration , le nomdes Soldats dont il lui parloit, St elle n’avoit at-tendu que le moment de pouvoir faire passer de-vant lui en revue les Soupirans qu’elle se donne.Enfin , ïls se parlent, non pour se plaire, maispour se prouver qu’ils méritent de plaire. Ils seressemblent trop pour être jamais l’un à l’autrerien de plus que ce qu’ils sont déja. Ce sontdeux Lignes parallèles qui peuvent aller ensemblejusqu’au bout du monde, sans se joindre jamais.
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