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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

eût dit, qu’il y avoit un mois, que le Fiance &la Fiancée souhaitoient de pouvoir aller l’un fansl’autre. Cependant ils se tenoient bien serrés fousle bras, Si lorsqu’il se.rencontrait quelque bour-bier en chemin, le Fiancé qui faisoit des essorespour en tirer la Fiancée, ne faisoit effectivementque s’y enfoncer lui-mème. Son plumet étoittout abbatu fur son chapeau ; ses souliers n’a*voient plus de talon; en un mot le pauvre hom-me étoit si mal accoutré, qu’il n’y avoit pas unfil , pas une couture de son habit qui ne sentîtdéja le Marié. C’est une mauvaise plaisanterie quim’échappe ; mais j’espere qu’on la pardonnera àFimpremon qu’a fait sur moi ce Spectacle Tragi-comique. Le Colonel & moi, les avons accom-pagnés à la Chapelle, & après y avoir ouï pro-noncer l’arrêt irrévocable, nous nous sommes hâ-tés de regagner la Ville.

En faisant réflexion fur cette avanture, j’ai prisla résolution de ne voir, de vingt-quatre heurespour le moins, aucune personne mariée, ou quisoit en danger de l’être. J’ai donc été rendre vi-site à Florimeíle , chez qui je savois bien que jetrouverais son Galant le Colonel Piquet , toutfraîchement arrivé de l’Armée. C’est un de cesHommes qui, avec beaucoup de bravoure & demérite, ne font que des Fats--, & la Belle est unede ces Dames qui, avec beaucoup de sagesse &d’esprit, ne sont que des Coquettes: On volt biendès-là , qu’ils doivent s’applaudir mutuellement.Elle dit que le Colonel est í’homme d’Angleterrequi fait manier le mieux un Cheval. II dit aussi,qu’il n’y a point de femme au monde qui parle

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