NOUVELLISTE. Art. VIII. ' loi
derniere surprise. Je ne m’y attendois point dansun- abbatement de désespoir , qui sembloit avoirôté à tous le sentiment & la voix. J’ai tournémes regards du côté où le bruit avoit commen-cé. En cet instant les Vents ne se sont plus faitentendre, & les vagues se sont appaisées. Les In-sulaires s’étoient levés , & se tenant debout por-toient les yeux sur un riche & superbe Palais quiétoit au milieu de leur Ile. Là, nous avons vûfous un Dais Roïal (a) un Héros dont Pair étoitmajestueux , dont le visage étoit pâle & défait.La tristesse & le morne silence, des gens qui Pen-vironnoient, nous ont fait juger qu’il alloit expi-rer. A quelques pas de lui étoit une Dame dontla vie sembloit être attachée à la sienne. Elle nedétournoit point ses regards de dessus cet illustremourant, & Pon lisoit, dans ses yeux, mille mou-vemens divers de douleur & de tendresse, qu’el-le étouffoit dans son cœur. On voioit bien que,íì elle en eût cru son Amour, elle alloit serrer cecher objet entre ses bras , ou pour en recevoirles derniers soupirs , ou pour expirer avec lui.Mais on voioit aussi qu’un courage supérieur ar-rètoit ces sentimens de foiblesse, & qu’elle con-servait encore assez d’empire fur elle-mème, pourépargner au Héros une vue si touchante , & lì
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(a) L’Auteur veut parler de George Prince de Dane-mark , second fils de Frédéric III, & frere de ChristianV. Le 2-8. de Juillet en i68z. il épousa la Princeste AnneFille de Jaques Duc d’York,avee laquelle il vécut dansune union exemplaire jusques au inois d’Octobvc 170g,qu’il mourut à Kensiogton, après une indisposition de peude jours.