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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

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da Matin tel qu’il paroit dans la Ville , & ducôté de la Cour.

Description du Matin.

Les Coches à présent clair-semés dans la rue,

De P Aurore naissante annoncent la venue ;

Alix , qui veut passer pour Servante de bien,

Sort du lit de ion Maître, & va fouler le sien.

Les souliers en pantoufle, & les bas en andouille,L’Apprentif vient d’ouvrirsa boutique qu’il mouille.Jeanne, avec son faubert, & retroussant ses bras,De la maison nettoie & le haut & le bas.

Avec un vieux balai, Georget , pour l’eau puante,Dans les ruisseaux bourbeux facilite une pente.

Déja du Charbonnier la voix , en faux bourdon ,Le cede au Ramonneur, qui Péleve d’un ton.Déjà des Créanciers Pimportune cohorteDe ce Seigneur dormant vient assiéger la porte.

Le Geôlier fripon fait rentrer dans leur nidLes Voleurs qu’il avoit lâchés pendant la nuit.

Le Sergent aiîàmé, pour attraper fa proie,

Se poste en un détour, de peur qu’on ne le voie;Et PEn-fant, à l’Ecole allant avec chagrin ,

Pour abréger le temps, prend le plus long chemin.

Tout ce que j’apprehende en publiant ces Vers,est que mon petit Cousin ne s’en fâche ; non ,qu’il doive rougir de les avoir faits ; mais parcequ’il peut craindre les Copistes , cette engeancefuneste à tous les bons Ouvrages. Pour Pen ga-rantir , je défens à qui que ce soit, de rien fairefur ce modeste, à peine de ne rien faire qui vaille.

Qu’on