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LE PHILOSOPHE
dans la conduite de Castor elle , confond tous les Ga-lans, & tous les Lorgneurs de la Ville. Ils en cher.chent tous la raison, & personne ne peut la devi-ner. Cette Belle ne pouyqit tenir en place jus-qu’à Page de dix-huit ans , qu’elie n’a passé quedepuis deux rnyis. Elle est élevée par une Tantequi n’a pas toujours été d’une humeur aussi seve-re qu’elle l’est à présent. Mais cette Tante a sibien connu , par une longue expérience , & lafragilité de son Sexe, & la malice’ des Hommes ,qu’.elle a pris toutes les précautions imaginablespour garantir fa Nièce de la surprise de ses pro-pres passions, ou de celles de ses Adorateurs. Sa-chant bien qu’un Tempérament vif ne peut êtrecorrigé que par la douceur, & que la contraintey est plus dangereuse qu’utile , elle a pris le sageparti de conduire insensiblement son Elève à re-connoitre ses vrais intérêts , en lui épargnant lamortification des censures. Or il faut savoir queparmi ses autres défauts, Pajlorelle avoit aussi celuid’ètre fort curieuse. Personne ne íàvoit mieuxtoutes les Nouvelles du quartier. Pnrisaiis ,' c’estle nom de la Tante, connoissoit la curiosité deía Nièce,.& résolut d’en profiter. Un jour ellese renferma dans fa chambre, & fit sonner bienhaut le bruit de la clef pendant qu’elle fermoit laporte. Par le trou de la Serrure on pouvoit entre-voir du dehors ce qui se faisoit en dedans. LaBelle, qui étoit aux écoutes, courut aussi-tôt pour■épier sii Tutrice. Elle la vit à genoux,.& prêtantl’oreiiîe , elle entendit distinctement ces paroles,qui vinrent après quelques momens d’éjaculationsmentales : ” O Dieu , pour ce qui regarde cette
„ chere