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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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Il6

LE PHILOSOPHE

n’en pouvant digerer l’impertinence extrême , jeretourne au corps même de l’Ouvrage.

Ici, mon Frère tire de l 'Amour-, la raison se-crette, le grand mobile de toutes les Révolutionshumaines. Dans la Préface, il répond à une es.péce de reproche que l’on nous fait ordinairement,qu’il n’arrive point de querelle qu’il ríy ait quelqueFemme au fonds de /’ affaire. Je le crois bien , dit-iljdéfi qu’il n’y a rien au Monde qui vaille tant la pei-ne de se quereller. Vous noterez en passant quemon Frère est d’une humeur galante. Tout eequ’il pense, & tout ce qu’il dit se ressent un peude ce doux penchant. C’est sans doute ce quilui a ouvert les yeux fur notre mérite , & qui luia fait appercevoir que nous ne sommes pas descréatures aussi peu considérables , dans le Monde,que quelques Esprits mal faits le prétendent. IIobserve très-bien que tout Homme, qui veut semettre en train de faire quelque figure, ou quisouhaite de parvenir, doit commencer par le dé-sir de plaire à quelque Belle: Aussi-tôt qu’il en aformé le dessein, il plait à tout le monde en che-min faisant. Cette passion se répand sur toute saconduite. Avant que le Colonel Renier eût vùla jeune Modish , il ne pouvoit dire un mot sansfaire des juremens effroyables. Depuis qu’il luifait la cour, ce n’est plus le même Homme. SaPolitesse s’etend jusqu’à son Valet ; quand il aquelque ordre à lui donner, il ne le commandeplus, il le prie. On ne craint plus dans les Au-berges de l’y voir entrer. II demande obligeam-ment aux Garçons comment ils se portent. Autre-fois il n’affirmoit rien de si faux ou de si douteux,

que