NOUVELLISTE. Art. X.
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Nous aurons un Journal exact de ce qui se dit &se fait dans ces illustres Assemblées; ce qui ferafort utile pour toutes les Femmes en général, &pour moi en particulier , puisque je dois êtrechargée de publier cette curieuse Gazette, & quele profit en doit être le fonds de ma dépense pourmes menus plaisirs.
Mais parlons d’autre chose. J’apperçois ici unLivre nouveau qui est imprimé par Jacob Tonson.C’est le sixième Tome des Pieces choisies de nos meil-leurs Poètes. Mon Frère y a écrit de fa main quece Volume n’est en rien intérieur aux précedens.J’y trouve un Recueil des plus belles Poésies Pa-storales qu’on ait faites en Angleterre. Le Dialoguede Sylvie & de Dorinde, écrit par un (a) Auteur demon Sexe, est, à mon avis, d’une beauté qui ef-face tout le reste. Nos petites foiblesses y font mer-veilleusement bien dépeintes ; jamais les Hommes 'ne les ont attrappées d’une maniéré si fine Sc si dé-licate.
Oui , la Beauté du Sexe ejl le bien fy t idole.
Pendant qu’elle jìeurit, ou lorsqu’elle r 3 envole ,
Le plaisir le plus doux à notre vanité ,
C’ejì d’être belle encore , ou de savoir été.
Cette réflexion me rappelle à mon premier su-jet. II se rencontre par tout des preuves de notreempire. On nous en a donné ce soir une bienillustre dans la Tragédie que Pon a jouée, (b) Elle
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(a) C’est Mile. Singar, dont Mr. Prior a célébré l’es-prit en plusieurs endroits de ses Poësies.
(b) C’est une Pièce de Mr. Dryden , qu’il a tirée deShakespear.