N O U V E L L IS T E. Art XI. 123
sont trop négligées; jour & court , grandeur &. pur ,ne font pas des mots qui puissent régulièrementformer une cadence agréable à l’oreille. Je n’aipas grand chose à lui dire fur le reste , & sonprésent n’étoit pas indigne de la place que je luiai donnée. Le sujet qu’il a choisi, considéré parrapport à l’application que j’en ai faite , donnelieu à de grandes réflexions, & nous rappelle na-turellement ce mélange de biens & de maux à tra-vers lequel nous passons la vie , & qui , par favariété, donne du prix à nos actions, ou leur enôte , dans l’opinion du Public. Les Spectateursne peuvent juger des choses que par les apparen-ces , & quel feroit notre embarras , si nous nenous arrêtions qu’au jugement qu’ils peuvent fairede nous ? Mettons-nous donc bien dans la têteque toutes les affaires humaines finissent au mêmeendroit; que la gloire & la honte ne vont pointau de-là du tombeau; & que par conséquent unebelle vie est la feule chose qui puisse nous met-tre en état de faire une belle fin. On ne peutpas fe composer dans un lit de mort, comme unComédien le fait fur le Théâtre. Ce Comédienfait par avance quand il faut qu’il expire ; fa der-niere heure est toute concertée ; il faut qu’il écla-te quelque Conspiration contre fa personne , &qu’il ait dit quelques belles choses avant que derecevoir le coup mortel. Mais dans la vie réelle,tout cela n’est point praticable, & ce feroit unechimère que d’en former le projet.- Les grandesAmes sortent du monde, d’une maniéré décente,s’il m’est permis de m’exprimer de la forte, c’est-à dire, qu’elles fuient alors toute efpece d’ostenta-tion