Buch 
Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
Entstehung
Seite
145
JPEG-Download
 

124

LE PHILOSOPHE

tioiv De là vient que l’on trouve des exemplesde cette constance héroïque en des personnes detous les rangs, & de toutes les professions. Unhomme véritablement vertueux n'a besoin que defa propre vertu pour fe soutenir dans ce derniermoment. Que l’on ne me vante point pour celala lecture des Discours étudiés que l’Histoire prêteaux Philosophes, aux Législateurs, aux grands Ca-pitaines. Toutes ces choses ne peuvent servir qu’àdéranger un mourant, & si l’on astectoit de rég-ler sa fin sur celle de ces grands Hommes, on pa-roítroit du dernier ridicule dans le moment le plusferieux de la vie. J’aimerois mieux encore , s’ilfalloit prendre un modèle, que l’on me propoíàtcelui d’un bon Paisan dont l’innocence étoit pure',& le courage íàns artifice. Prêt à rendre l’amedans les cruelles douleurs d’un Miferere qui l’em-porta bien vite, crois-moi , mon cher , dit-il tranquil-lement à un de ses amis, ft f ai le bonheur que cesoujìe forte me fois de mon Corps , on me pendra plu-tôt que de ty faire rentrer.

Je ne lai comment j’ai presque oublié le Lieuoù je fuis. On s’attend que, de ce Caste, je par-le des Pieces qui fe jouent. Je dirai donc que cesoir on en a representé une des plus nouvelles, (a)Mon bon Ami Mr. D’Urfey en est l’Auteur. CetteComédie s’appelle, (b) Les Prophètes Modernes , &contient une satire bien sorte de l’Esprit d’En-thousiasme qui fe répand depuis-peu parmi nous.

Notre

(a) On verra bien par la fuite que tout ceci est fortsatirique contre l’Aiiteur, & contre l’Ouvrage.

(b) II y avoit alors à Londres quelques Fanatiques An-glois & François qui faifoient beaucoup de bruit par leur*prétendus dons prophétiques.