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LE PHILOSOPHE
MON CHER COUSIN,
Je vois.avec plaisir que vous vous aquerezautant de gloire par vos Ecrits, que vous en a-viez autrefois aquis par vos prédictions. Partrid *ge , ce rare Poëte, qui n’entendoit pas ses propresVers , & cet hab le Astrologue , qui pouvoittout lire dans les Astres, excepte fa propre desti-née , Partrídge , dis-je , est mort & enterré. Le Pa-pe, le Roi de France , & la plupart de ses Mini-stres font auíîì morts dans un sens littéral ou mé-taphorique. L s évenement a vérifié ce que vousen aviez prédit, d 5 une maniéré qui a surpris toutle monde, & lorsque je considéré la grande ré-putation que toutes ces choses vous ont donnée,je fuis surpris à mon tour que la Famille des (a)Bâtons , dont vous êtes, soit encore si peu con-nue. C’est pourquoi, pendant qile vous vous oc-cupez de l’Astronomie, & des Sciences occultes,j’ai suivi de ma part Pinclination de ma Mere, (b)qui étant de la principauté de Galles ) voulut que je
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(a) Pour entendre ceci, & la suite ; il saut savoir quela derniere syllabe du nom de Bickerstaff, c’est-à-direStaff, veut dire un Bâton, Cela fournit à l’Auteur decette Lettre le sujet d’une peinture satirique qu’il sait deplusieurs Professions differentes, qu’il suppose être les di-verses branches d une même Famille, à laquelle il donnele nom commun de Bâton pour les raisons que l’on verraci-après.
(b) Les gens du Pais de Galles prétendent être tous no-bles, & se piquent particulièrement de l’antiquité de leursFamilles qu’ils comptent toujours par íìecles.