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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

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de me donner moins de peine, & de ne me:,ir pas toujours dans la nécessité de veiller, fur vos actions. Monsieur, ai-je répondu, ce„ que vous venez de me dire me fera prendre„ de plus près garde à moi-même : mais, pour„ confirmer la leçon que vous me donnez, faites-„ moi la grâce de m’instruire à quoi vous vous„ occupez , & quels font les plaisirs ou les pei-„ nés de votre Emploi Voici la réponse qu’ilm’a faite.

„ Pour vous faire voir à combien de petites„ choses il faut que nous nous prêtions , je ne,, vous entretiendrai que des trois derniers Postes„ que j’ai occupés. Le premier jour d ’Avril de,, cette année , on ftie mit auprès d’une Belle,,, chez qui je ne demeurai qu’une semaine. De-,, là j’nllai chez un fureur, & je passai ensuite„ chez un Joueur.

„ En arrivant chez la Dame , je trouvai que„ ce que j'avois à faire étoit de veiller fur ses,, yeux & sur ses oreilles. Mais elle étoit envi-„ ronnée de tant de dateurs , & fa Maison, tneub-,, lée à la moderne, étoit si remplie de Miroirs,„ que je ne pouvois presque être sûr d’elle que„ lorsqu’elle étoit endormie. D’abord que nous„ sortions, à droite & à gauche ce n’étoit qu’en-„ nemis. Paroissoit-il quelque Homme bien-fait?„ On le regardoit en face, & cela fervoit à gros.„ sir le nombre des soupirans. Le sixiëtìe du„ Mois, fur la fin du jour, la Dame, assse sur„ un lit de repos, lisoit les Epîtres d’Ovide, & au„ moment qu’elle en étoit à ces Vers de li Let-tre d'Helene à Paris.

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