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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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i§4

LE PHILOSOPHE

„ sa vie, ni les réflexions qu’il y a faites. II ne„ doit donc pas vous paroitre surprenant que je„ sois si bien instruit des chagrins, & de Pagita-,, tion d’une Nature mortelle , & fi je vous ra-,, contois les disgrâces que j’éprouvai dans le court,, espace de ma vie , vous m’avouriez que j’en„ ai vû assez , en un mois de temps , pour en,, parler d’une maniéré savante. II me semble ,„ lui dis-je , qu’il ne peut y avoir eu beaucoup,, de variété dans une vie de trente jours. Mais,„ je vous prie, voyons donc un peu cette histoire.II me la raconta de la forte :

„ Je naquis dans une des plus riches Familles,, de la Grande Bretagne. Ce fut un grand bonheur,, pour moi, puisque , si j’étois né parmi de pau-,, vres gens, il est fort probable que je serois en-„ core en vie. Au reste, en vous récitant toutes„ les avantures de ma courte & misérable durée,,, vous devez me permettre de vous dire les cho-„ ses précisément telles qu’elles me parurent, &„ d’exprimer dans mon discours les traces qu’elles„ firent dans mon cerveau. La première chose,, qui frappa mes sens fut un bruit que j’enten-,, dis fur ma tête. C’étoit une personne qui jet-„ toit les hauts cris. II me sembla qu’ensuite,„ je m’élançai la tète la première, & que je me„ trouvai tout - à coup entre les mains d’une Sor-,, ciere qui m’attendoit au passage. Je crus qu’el-„ le me guettoit depuis quelque tems, & qu’elle„ avoit mème usé d’enchantement pour m’attirer„ à elle. J’en eus une peur effroyable , & je„ criai de toute ma force. Mais elle n’en dis.„ continua point ses Opérations magiques, &