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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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NOUVELLISTE. Art. XV. i6s

,, m’oignit tout le corps depuis les pieds jufqu’à,, la tète. Je n’entendois rien à ce manège, &„ je comprenois encore moins ce que vouloit„ dire une foule de gens, qui, m’environnant dej, toutes parts , prononcèrent le mot d ’Heritier,,, fans y en ajouter d’autres qui me l’explicassent.„ Cela m’appaifa pourtant un peu ; je crus que„ c’étoit une Cérémonie que l'on faifoit pour les„ Personnes de conséquence , qui étoient appa-„ rem ment celles qu’on appelloit Heritiers. J’étois„ ast’ez tranquille, lorsque la Sorcière, fans raison„ ni demi, & sans que je lui eusse donné aucun„ sujet de chagrin , me prit la tête, & me la„ banda le plus fort qu’elle pût. Elle me lia,, aussi les deux jambes, & me fit avaller par for-„ ce une mixtion détestable. Je trouvai que c’é-„ toit entrer bien désagréablement dans la vie ,„ que de commencer par prendre Médecine, mais„ il falloit bien PavaUer , car si je ne Pavois pas,, fait, on m’auroit fourré dans le corps un long„ Instrument dans lequel on me la donnoit. A-,, près qu’on tn’eîit empaqueté de la forte , on,, me porta à la ruelle d’un lit, où une Dame jeune„ & belle faillit à m’étousser de caresses. IÍ faut„ croire que c’étoit ma Mère. On me fit ensuite,, tourner d’un autre côté. Là je vis une Figure„ différente de toutes les autres. Elle étoit la feule„ de son Efpece dans la chambre où nous étions.„ Elle paroissoit fort contente de me voir, & je„ remarquai que le reste de la Compagnie lui par-,, loit beaucoup, de mon nés. J’ai pourtant ap>,, pris, depuis ce tems-là , que ce nés venoit d’u-,, ne autre Famille.

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