17 6 LE PHILOSOPHE
,, nant ensuite vers la Femme du Maire, lui dit„ tout bas à Poreille, que ce Spectacle étoit sort in-,, struílis pour les jeunes gens. Quand tout fut fini,,, Polichinelle se baissa jusqu’à terre, salua profon-,, dement les Spectateurs , fit un compliment à„ Prudence , & remercia toute la Compagnie.
„ Cependant Florimelle , parée de ses habits de„ triomphe, avoit pris le chemin de la Tragédie.„ Elle y arriva la premiere, & la derniere. Elle„ attendit une grosse heure dans cette solitude ,,, jusqu’à ce que Staiira paroissant fur le Théâtre,„ & prenant un ton sincèrement tragique , lui dit„ ce qui venoit d’arriver, & déclama beaucoup„ contre le mauvais goût des gens de qualité. Flo~„ rimeìle , piquée au vif, retint les Marionettes pour,, le lendemain, Sc Prudence fiere de son succès„ commanda la Tragédie. Tout le monde fut voir„ Alexandre. La bonne Vieille recommanda en-„ core â ses filles de bien retenir les leçons de,, cette Pièce, & d'y apprendre fur tout à ne se„ fier jamais aux belles paroles des Hommes. Car,„ dit-elle , vous votez bien par cette Histoire que Ion„ ne fauroit compter fur des Hommes d’Epée. Ils ne„ font que courir le Monde. On ne peut être sure de„ les tenir. Babet, voilà Monsieur le Colonel qui vous„ salue. Levez-vous , ma chere , saites-lui la rèverence.„ C est un de ms voisins , fa Campagne touche la nô-„ tre. Les mortifications de Florimelle lui ont en-„ fin donné la discrétion de Prudence , & les Vic-„ toires de Prudence lui ont donné toute Pindis-„ cretion de Florimelle. II y a paru dans les sui-„ tes. Nous íumes invités pour la seconde fois ,,, par Florimelle } à la Tragédie, & par Prudence aux
„ Mario-