LE PHILOSOPHE
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n’est l’afïàire de personne. Je me plaindrai peut-être inutilement de ce désordre. Je n’ai ni assezde lumières, ni assez de crédit pour y remedier.Tout ce que je puis faire, est d’indiquer les cho-ses qui, à mon avis, ont besoin de correction:Je laisse à mes Supérieurs le foin de la réformati-on nécessaire.
(a) Ce que j’ai à dire ne doit pas être traité deBagatelle. C’est un défaut capital de Police, &qui n’est pas pardonnable à une Nation chez quil’on trouve (b) autant de Savans qu’il y en a dansla nôtre. Je veux parler des fautes grossières quise commettent fans nombre dans les choses quiservent d ’AdreJse aux passans. Inexactitude ne sau-roit y être trop grande, & cependant la négligen-ce, à cet égard, est extrême. Je commenceraipar les Inscriptions que l’on met aux Enseignes.L’orthographe y est ordinairement des plus vici-euses. J’en appelle à tous les gens de Lettres,lorsqu’ils entrent pour la premiere fois dans la Vil-le , & qu’ils examinent curieusement tout ce qu’ilsy voient. Personne ne peut mieux savoir ce quien est que moi. Lorsque j’allois à l’Ecole, je cro-iois faire merveille d’écrire les mots comme je lesavois vus écrits en lettres d’or au devant des Bou-tiques 5 & Dieu fait, combien de fois mon Maî-tre
(a) Ce qui fuit est, si je ne me trompe, une imitationdu Placet de Caritides dans les Fâcheux de MOLIERE.
(b) Il n’y a presque point de Bourgeois dans Londresqui ne tranche de l’habile homme, fur-tout en fait de Po-litique & de Théologie; & l’on peut dire en généra! qu’iln’y a point de Nation shez qui le commun Peuple ait plusde lumières.