NOUVELLISTE. Art. XIX. 197
ge. Le prend qui veut, & tant de gens l’ont pris,que l’on n’ose presque plus le donner à personneque ce ne soit en riant. Si l’institution de cet Or-dre étoit mieux connue, il y a beaucoup d’ap-paremce que l’Ordre même seroit beaucoup plusrespecte parmi nous. L’intérèt personnel, que j’yprends , m’oblige donc à en tracer la premiersorigine, & j’efpere que tous les Ecuïers , qui lefont à bon droit, me sauront gré de mes Recher-ches , puis que je ne travaille pas moins pourleur gloire que pour la mienne.
Cet Ordre fut institué dans (a) les premiers A-ges du Monde. Alors on n’avoit encpre entenduparler ni de Dots ni de Contrats. L’Amour seulalsortilsoit les personnes & regloit leur destinée :Mais cet Amour du vieux tems étoit bien diffè-rent de celui de nos jours. La paíîìon des A-mans étoit alors st pure, & la cruauté des Bellessi fiere, qu’un Héros amoureux n’avoit rien demieux á faire que de courir les champs , & quede íè plaindre dles rigueurs de fa Dame aux Bois,aux Ru -fléaux, aux Déserts. Le beau Sexe, quin’avoit point eincore ce caractère de douceurqu’il prí dans le; s siécles suivans, ne pouvoit souf-rir un Galant dte plus près. L’infortuné Cheva-
N z lier
(a) L’origine dii nom est Romaine, comme Pafquierl’a fait voir dans fe-s Recherches, Liv. II. Mais l’idée at-tachée à ce nom-la paroìt avoir varié selon le tems & leslieux. Notre Auteur fe borna à celle que l’on en trouvedans les Romans, à qui n’est pourtant pas fi romanesque,qu’elle ne représente en partie les anciennes coutumes;connue on peut le voir, dans les Titres d’honncur, deJ K A N SEL DE N, P. II. Cap. V. p. 830. Ed. Angl.