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LE PHILOSOPHE
ce soient-là les vertus de nos Ecu'ìers de Provin-ce? Ii s’en faut bien vraiment. A peine chan-gent-ils de linge deux fois la semaine, & la Païfa-ne la plus hardie s’émut à leur rencontre. La feule,régularité qu’il y ait en eux est l’ordre constant qu’ilsobservent de s’enyvrer deux fois par jour. S’ilsboivent bien , ils mangent de mème. Ceux deNorfolk^ fe font un devoir d’avaler deux livres de
(a) D/mplin à chaque repas. Ceux du Comté de
(b) HuntCe bourrent de la mème quantité de Porc,& ceux (c) d’EJsex ne vous laissent point une Lon-ge de Veau qu’ils ne Paient rongée jusqu’aux os.Quelle idée ces gens-là fe font-ils du rang qifils u-íurpent & dePhonneur qifils y attachent ? Je veuxbien qu’ils le fâchent; ce ssest point la quantitéde ce que mange un Ecuïer qui le distingue ducommun, c’est la maniéré dont il mange.
Mais puisque je fuis en train de me déchargéele cœur, je ne puis diffimuler ce qui rrfafflige leplus. ìsPest-ce pas une chose qui crie vengeance,
que
(a) Le Dumplin est un mets fort greffier & fort pesant.On fait une Pâte qui n’est rien moins que feuilletée ; oncouvre bien de cette Pâte une grosse Pomme ,& quandcette Boule est cuite, on la met fur une Affiette, on y faitun trou avec un couteau , on remplit ce trou de Beurreque la chaleur fait fondre ; on bâche ensuite le tout asmde mêler la Pomme avec la Pâte, & on le mange après yavoir mis du furce. La Province de Norfplk abonde enPommes. Au reste on fait auffi des Dumplins de purepâte & fans fruit.
(b) La Province de Hant est fameuse pour le Porc.
(c) Le Veau de la Province d’Essex passe pour le meil-leur du Roïaume.