NOUVELLISTE. Art. XIX. 199
deviroient-ils être encore à présent, si l’on vou-loit que le nom répondit à la chose. Mais il mgsemible que c’est de quoi l’on se met peu en pei-ne, & soit dit à notre honte & à celle de nosHérauts d’Armes, qui ne reçoit-on pas dans notreCorrps fans faire preuves des qualités qui y fontle plus requises? J’ai eu depuis peu la curiositéde dresser un Catalogue des personnes qui prennentce Titre. Pour le faire exact, j’ai parcouru tousles Quartiers de la Ville , & pris, au Bureau dela Polie, le dessus de toutes les Lettres. Par cemoïen-là, j’ai trouvé que tous les gens qui Ratta-chent ou à l’étude , ou à la pratique de la Loifont Ecuïers, & que l’on ne rencontre autre cho-se dans les rues qui sont près des Ecoles du Droit,& dans les Plac.s publiques , où les Maisons ontqudqueair au detlus du commun,
Passe encore pour ceci, si le mal ne s’étendoitpas plus loin. Les personnes dont je viens de par-ler n’ont à la vérité aucun droit, ni ancien, mmoderne, à la Chevalerie. Mais enfin elles fontun peu de figure, & peuvent être de quelque u-tilité. C’est dans les Provinces que l’abus est por-té au comble, & quand on fait ce qui s’y passe,la patience ne peut tenir. Ce fut, je l’avouë,dans les Chamjps & dans les Bois que parurent lesanciens Ecuïers.. Cependant s’imagine-t-on que,pour se parer de ce Titre, il suffise de courir a-près un Renard, de crier à la vue d’un Lièvre,& de faire des sauts à se casser le cou à la suited'ì>n Epervier ? Non , non; la Tempérance, laPropreté, la Sagesse, & la Discrétion sont les Ver-tus essentielles de l’Ordre, & peut - on dire que
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