NOUVELLISTE. Art. XXII. 2Ls
de ses pareilles. Elle se plaignit tout haut de kfoule qui rincommodoit au paisage. C’étoit uneespèce d’invitation qu’elle faisait à son Galant delui prêter la main. II eut assez de présence d’es.prit pour le comprendre , & assez de courage pourlui ossrir ce qu’elle sembloit demander. II eut mê-me la résolution de lui dire qu’il l’accompagne-roit jusqu’à ce qu’elle fut en Carrosse. En y al-lant, il ne pût dire un mot sans bégayer, ni fai-re un pas fans broncher. La Belle, triomphantde ce désordre, lui fit mille questions, toutes desplus faciles, & qui par cela même l’embarrassoientdavantage. Elle eut d’ailleurs la malice de laissertomber son Eventail, afin d’avoir le plaisir secretde le lui voir relever d’un air embarrassé. Voilàtout ce qui a réjoui Cinthio & l’unique fondementdes grandes espérances qu’il a conçues.
A dire le vrai , je ne conçois pas commentcette Dame balance à revoir un Homme qui atant de bien & tant de mérite. Voulant appro-fondir les causes de cette bizarrerie, j’ai prié Pa-colet de m’y aider. II s’est transporté au Logisde Lindamire , & m’a remis une Lettre , écritepar elle - même à une Amie c^ui est sa Gonfidente.La voici :
MA CHERE,
„ La Ville commence à se vuider, & je n’atj.„ rois presque pas dequoi remplir naa Lettre, íî„ je r’y parlois de moi-même. Dans les jours,, où je vois le plus de monde, je ne saufois„ vote exprimer mon chagrin de ne pouvoir me
P „ rs.