LE PHILOSOPHE
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Du Case de GUILLAUME, /e ZO.de Mai.
La plus grande affaire qui m’ait amené ce soirclans ce lieu, est le defl’ein de parler à mes Amisen faveur d’un honnéte-homme, nommé (a) Vn-derhid, qui, pendant trois Générations, a soutenule Caractère Comique. II faut au moins qu’il yait bien long - tems puis que j’ai ouï dire à mon'Père que dans fa jeunesse ce Comédien le char-moit. Son Action a cela de singulier qu’elle estune fidèle imitation de la nature, évitant toujoursle défaut, qui n’est que trop commun sor le Thé-atre, de vouloir trop bien faire les choses. J’a-voué qu’il n’a pas le talent que l’on admire enquelques Acteurs d’ajouter de leur chef aux Rô-les qu’ils déclament. Cette faute , si c’en est une,est bien plus celle du tems que la sienne. LesComédiens d’autrefois ignoroient cette perfectionque l’on vante dans ceux de nos jours, & la plu-part sont sortis du Monde fans avoir jamais osédire un mot de leur crû fur la Scène. Le pau-vre UnderhiU est si honteux de n’a voir pû fe met-tre à la mode , qu’il n’a presque pas l’audace defe faire annoncer. Cependant j’efpere que les per-sonnes de bon goût viendront prendre congé dece Comédien, qui paroîtra devant elles pour la
der-
(a) Cave UnderhiU, excellent Acteur fous le Régné deCharles II., e'toit encore en vie, il y a trois ou 4. ans, sitant est qiïil ne vive pas encore à pressent, 1722. Il étoifcfort vieux, lors que Mr. Steele écrivoit ccci,& ne pouvantplus jouer comme à l’ordinaire, force lyi fut d’étre le Sous.leur du Théâtre.