NOUVELLISTE. Art. XXII. 22?
derniere fois de fa vie. S’il a la malheur de neleur pas plaire , on peut assurer que c’est la pre-mière fois qu’il aura déplu.
(a) Mais à propos de Théâtre & d’Acteurs, jeviens Rapprendre que plusieurs personnes de disi.tinction se cotdsent pour faire travailler à de nou-velles Comédies. Je ne doute point que ce pro-jet ne produise des effets utiles & agréables. Com-me chacun a son penchant, à suivre mon tem-pérament mélancholique, je souhaiterois auíîì quel’on songeât à nous faire donner de nouvellesTragédies. Si l’on vouloit m’y employer , j’aidéja fur mes Tablettes & dans mes Recueils dequoi en composer une des plus tragiques , quipourroit être prête pour le cinquième du Moisprochain. J’ai représenté en six Vers un Généralmourant d’Amour, qui dit adieu à fa Maîtresse entenant à la main son Bâton de Commandement.J’ai exprimé, dans une page & demie, toutes lesmaximes pernicieuses d’un Ministre d’Etat, qui a -près avoir fait tout le mal qui se fait dans la Piè-ce , déclame, en expirant, contre la vanité del’Ambition. J’ai auffi préparé tous les Sermensnécessaires, & il ne manque rien à mes Compa-raisons , que des endroits à les appliquer. Je metiens pour dispensé d’exposer le plan de l’íntrigue ,parce que c’est en général la même chose que ceque l’on voit dans toutes les Tragédies que l’onécrit depuis quelques années. Les gens qui fré-
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(a) Par des raisons de prudence je ne ferai point de No-tes su: cet Article qui en auroit bon besoin. L’Auteur yinarqve finement dans le Théâtre Anglois des défauts qu’iln’appirtient pas à un Etranger d’y voir, ou de relever.