LE PHILOSOPHE
SZS
quentent le Théâtre savent, aussi bien que PAu-teur, quand il se doit donner un Combat, à que-Je Scène l’Heroïne déclarera son Amour , à quelActe le Héros se mariera ou sera couronné. Sansparler donc de cet avantage qui m'est communàvec mes Confrères, j'ai de plus un excellent Ac-teur qui paroitra souvent, à qui ne prononcerapas un mot, soit qu'il tue ou qu’on Passalfine ;qu'il aime ou qu'on lui faflè les doux yeux, qu'ilgagne une Bataille qu qu'il la perde.
De mon Cabinet , le 30. de Mai.
J'ai reçu ce matin une Lettre , où l'on meparle d'une Demoiselle que l’on croit ensorcelée,& l'on me demande quelque Recette contre leSortilège. On y dit que le Sorcier, sur qui tom-bent les soupçons, est un vieux Débauché, quela Patiente est fort jeune & très-vertueuse, & queses Parens, inconsolables de ce malheur, ne saventquel remède y apporter. Je m'étonne moins deleur affliction que de leur embarras. Ces gens,là ont-ils vécu si long-tems fans savoir que la Con-tradiction est la passion dominante du Sexe? Veu..lent-ils m’en croire ? La Belle ne s’opiniátre dansson enchantement que parcs que toute fa Famil-le s'y oppose. Que demain dès la pointe du jourtoute la Maison fasse des préparatifs de Noces., jegage qu’à l'heure mème la Patiente fera guérie ,quand ce ne seroit que pour faire pièce á ses A-fnis. S’il arrive néanmoins que je me trompedans mes Conjectures, je trouve que le choix decette Demoiselle a quelque raison. Un Homme