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LE PHILOSOPHE
lorsque son Mari lui dispute quelque chose , &le plus petit sujet de colère qu’il lui donne la jet-te toujours dans les plus terribles Convulsions.Ce n’est pas la première fois que j’ai oui parlerdhrne pareille Maladie & je me souviens qu’uneFemme, qui en étoit tourmentée, fut guérie parquelques paroles que POperateur prononça dansles transports de Paccès. Ces maux viennent ori-ginairement de la disposition de PEfprit. II im-porte donc d’en connoître les causes, & si PHi-stoire suivante peut être utile aux intéressez, je laleur offre de bon cœur.
Luc Dame bien faite , & née à Londres avoitépousé en premiers noces un Gentilhomme deProvince. C’étoit un de ces Hommes si bons,de qui Pon dit ordinairement qu’ils ne font demai qu’à eux-mèmes. II avoit trop de complai-sance pour prendre des airs de Maître fur son E-pouse, <$c la Femme avoit trop d’esprit pour lais-ser à son Mari une autorité qu'il n’auroit pas síifaire valoir. Elle en connut bientôt le soible, &lie manqua pas d’en profiter. La hauteur & Pem-portement auroient tout obtenu de PEpoux. Maisle bruit n’accommodoit pas la Belle qui vouloirgarder le décorum , & qui vint à ses fins par unevoie aullï courte, Si plus honnête. Elle prit letour d’avoir des Convulsions de commande. Sile Mari faisoit mine de la contredire, ou de luirefuser quelque chose , elle tomboit d’abord enpâmoison. Le premier essai qu’elle en fit lui sutheureux. C’etoit un jour maigre, où Pon man-geoit du Poison. Elle feignit d’avoir une arêteau Gosier, & contrefit toutes les grimaces d’une
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