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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

lorsque son Mari lui dispute quelque chose , &le plus petit sujet de colère quil lui donne la jet-te toujours dans les plus terribles Convulsions.Ce nest pas la première fois que jai oui parlerdhrne pareille Maladie & je me souviens quuneFemme, qui en étoit tourmentée, fut guérie parquelques paroles que POperateur prononça dansles transports de Paccès. Ces maux viennent ori-ginairement de la disposition de PEfprit. II im-porte donc den connoître les causes, & si PHi-stoire suivante peut être utile aux intéressez, je laleur offre de bon cœur.

Luc Dame bien faite , & née à Londres avoitépousé en premiers noces un Gentilhomme deProvince. Cétoit un de ces Hommes si bons,de qui Pon dit ordinairement quils ne font demai quà eux-mèmes. II avoit trop de complai-sance pour prendre des airs de Maître fur son E-pouse, <$c la Femme avoit trop desprit pour lais-ser à son Mari une autorité qu'il nauroit pas síifaire valoir. Elle en connut bientôt le soible, &lie manqua pas den profiter. La hauteur & Pem-portement auroient tout obtenu de PEpoux. Maisle bruit naccommodoit pas la Belle qui vouloirgarder le décorum , & qui vint à ses fins par unevoie aullï courte, Si plus honnête. Elle prit letour davoir des Convulsions de commande. Sile Mari faisoit mine de la contredire, ou de luirefuser quelque chose , elle tomboit dabord enpâmoison. Le premier essai quelle en fit lui sutheureux. Cetoit un jour maigre, Pon man-geoit du Poison. Elle feignit davoir une arêteau Gosier, & contrefit toutes les grimaces dune

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