NOUVELLISTE. Art. XXIII. 2 ZZ
personne qui étrangle. Le bon Gentilhomme pâ-lit à cette vue, courut vite 311 secours de la Da-me , & non fans peine la fit revenir d'un mal qu’el-le n’avoit point. Contente de l’Epreuve, elle nevouh.t pas pousser les choses fort loin; Rassurez-vous mon cher , lui dit - elle , P arête est passée. Lejour suivant elle se plaignit à lur de la médiocri-té de son Fciuipage. Une de ses Voisines le portoitpins beau quelle. Le Carrosse en étoit bien mieux niel-lé , quoi qu'il ríy eut pas la moitié tant de bien dantcette Nlaison-là que dans la leur. Madame , lui répon-dit-il avec sa douceur ordinaire, vous savez> ansfi bien que moi quels font nos revenus, f? vous n'ig-norez pas que , ce Printems , il m'est mort deux che-vaux. La Dame ne lui donna pas le tems d’a-chever ; elle perd la parole & s’évanouït. Je vouslaisse à penser la consternation : Maître & Dome-stiques , tout s’empresse à ressusciter l’agonisante.A torce d’eau fraîche, & d’esprits de corne deCerf, on lui rend enfin la vie; on lui promet auíîïde la satisfaire , & pour prévenir les rechutes, onlui tint parole. Ces rechutes furent néanmoinsfréquentes pendant la vie de ce bon Mari qui eutle bonheur de ne la pas faire longue avec elle.
Celui-là étant mort, elle ne tarda pas à lui don-ner un Successeur. Elle se choisit un Galant fortbienfait, & qu’elle crut gouverner comme le pré-cédeat. Mais elle comptoir fans son Hôte. CetHomme la connoilsoit de longue main. Instruitde la Comédie qu’eile jouoit dans son premierMariígS; il l'élolllt en lui même de lai faire pas-ser l’envie. d’y revenir, & de ne perdre point detems pour cela. L’occasion, qu’il en attendoit,
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