NOUVELLISTE. Art. XXV. 249
L.es gens de ce Caractère vous demandent descon.seils, non qu’ils en veuillent, mais afin de sedécharger le cœur par cette confidence. Qiioi-qu’i'.ls vous proposent leur affaire comme douteu-se , rien n’est plus facile que de découvrir où ilspenchent, & si vous voulez leur plaire, vous n’a-vez qu’à donner dans leur sentiment. En celavotas les obligez doublement, vous aplaudiíTez àleur prudence, & vous secondez leur inclination.
H1 y a pourtant des occasions où je ne puis mepermettre cette petite malice. Hier j’eus pitiéd’un Père qui vint me demander où je lui con-seìilois de placer son Fils , en me nommantdeux Marchands, entre lesquels il étoit en balan-ce. Je ne crus pas qu’il fallut badiner fur unchoix dont pouvoit dépendre, non seulement lafortune, mais auíîi la vertu de ce jeune Homme.Les deux Maisons font également riches, mais Pri-sa go qu’on y fait des richesses est bien diffèrent,& cette difference est si grande qu’on s’en apper-çoit dès la premiere entrevue.
En entrant chez Paul, vous découvrez un airqui sent tout-à-la-ss>is le Négociant & l’Hommede naissance. Les Domestiques y paroissent pleinsde respect pour leur Maître, & de joie de leurcondition. Vous voyez en cet Homme-là des ma-niérés aisées, civiles, agréables. II vous dépêcheavec cette honnête confidence qui marque la droi-ture du cœur. Sa table vous présente une imaged’abondance, & de noblesse , que la justice & lafrugalité accompagnent.
Après avoir dine chez lui, nous allames rendrevisite à Pautre Marchand qui s’appelle Avaron. Ce-
Q-î lui-