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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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2sQ

LE PHILOSOPHE

lui-ci nest accostable quà bonnes enseignes. Sesgens vous questionnent fur votre nom & fur vosaffaires, comme si vous étiez en Pays ennemi. A-vez-vous satisfait à leur circonspecte curiosité ? Onvous sait entrer clans une Maison que lon peutappeller une noble Solitude. Cette Maison est vas.te, & lon ny voit presque personne. Le Maî-tre du Logis étoit dans lenfoncement dune gran-de Sale, d à peine il daigna savancer quelquespas pour nous reçevoir. Ce ne fut pas fans nousexaminer des pieds à la tête , comme si notre Phy-sionomie lui eût paru suspecte. Or en cela ja-vois lavantage fur lui, le connoiílànt de longuemain pour un Ladre. Auffi je lui en donnai debonnes pendant le peu de tems que nous fumesdans fa compagnie. Sur ce quon vint à parlerde la grandeur de fa Maison, & des grands biensquon lui donnoit dans le monde, jeus ladressede faire venir fur le tapis Mr. Paul, den vanterles maniérés, den exalter le bonheur. Mr. PAUL,me dit alors AVARON, est m bon homme, & fortriche. Tout le monde ne peut pas faire la figure qidilf nt, fis pour moi je fuis la Maxime qidil faut s'éten-dre filon fin lit. La Maxime est excellente , lui répli-quai-je, fi? vous faites bien de vous y tenir. Chacundoit connoltre fis forces, fis d est sagesse en vous de fai-re moins de dépense , puisque vous rdeti avez pus les mo-yens. Jugez du plaisir que lui fit mon compliment.II en pâlit, ces riches Faquins ne fe plaignent ja-mais que par orgueil, & ne fe disent pauvres quepour avoir le plaisir de fe faire dire quils ne lefont pas. Je ne pouvois donc le mortifier davan-tage quen le prenant au mot, & croyant fur fa

parole