NOUVELLISTE. Art. XXV. 2s l
parole qu’étant un des Hommes les plus opulensde la Ville, il en était un des plus vilains.
Sortis de chez lui nous primes le chemin de laBourse en faisant entre nous quelques réflexionsfur ces difFerens Caractères. Mon Ami me parutcharmé de celui d’AV ARON. On peut être assure,disoit-il, que cet homme - là ne fera pas banqueroute.Je ne pus conserver le sens froid à Rentendre par-ler de la forte, & lui peignis de mon mieux lestraits opposez de ces deux Personnages. Aprenez,lui dis-je, à connoitre les gms. Paul enrichit le Pu-blic en f enrichissant lui-mème. 10opulence J’Avaron
est une Calamité générale. Le premier fait du Négoceune Profession d Honneur ; le second en fait un Art mé-chanique. Lorsque Pun gagne , il est mille autres person-nes qui ont part au profit. Lors que P autre accumule,P est aux dépens de tous ceux avec qui il fait des af-faires. En un mot, celui-là est un bon Bourgeois ,celui-ci est un Courtaud de boutique. Ma peintureporta coup, & le jeune Homme doit être placéchez Paul, où il apprendra tout-à-la fois , & ga-gner du bien, & à en jouir. Je ne puis pas mevanter que mon conseil Paît sauvé de la Potence;mais je puis dire au moins qu’jl m’aura obliga-tion de ne Ravoir paz méritée. II apprendra chezson Maître à respecter les Loix sans les craindre,comme il auroit appris chez Rautre à les crain-dre fans les respecter.
ARTI-