LE PHILOSOPHE
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„ postérité, je ne veux pas me brouiller tout-à-„ fait avec vous. J’ai donc une grâce à vous de-„ mander, c’est que, si vous'ou les vôtres vi-„ vez jusqu’au dix-neuviéme Siécle, vous ayez la„ bonté de faire mes Complimens aux gens de ce,, siécle-là, & de leur dire que Mr. Boileau a réglé,, les comptes que j’ai avec eux. Je serois bien,, aise de vous voir ici.
C’est une chose plaisante que ce Prince m’in-vite à Palier voir, ou qu’il croie que j’accepteraîl’invitatiòn. Oh! que je m’en donnerai bien gar-de! Je me souviens trop de ce qu’il fit à un (a)Homme d’Esprit, de mes Amis, qu’on mit à laBastille pour la feule raison, que ce judicieux &spirituel Auteur pourroit, à quelque heure, écrirecertaines choses qui nuiroient à la réputation duMonarque. C’est-là fa méthode envers les person-nes éclairées qui le connoissent. (b) II en bannitou en fait emprisonner la plupart. A quelques-uns il donne des Pensions, à peu près commeles Piliers d’Academie partagent les profits avecceux qui remarquent leurs tours de filouterie , afinde leur imposer silence. Cette derniere Maximeme paroit prudente, & je connois bien des gensà qui je conseille de la suivre avec moi. Si le SieurCasse ne me fait pas tenir incessamment 200. Li-vres Sterlin, je publierai par tout de quelle ma-niéré
Ça) C’est apparemment du Comte de Buíîì que l’Atiteurveut parler.
(b) On a dit que Charles Patin fut obligé de prendrela fuite pour n’avoir pas supprimé tous les Exemplairesde l’Histoire Amoureuse des Gaules, qu’il avoit eu ordrede rechercher pour les faire périr.