NOUVELLISTE. Art. XXVI. 2ss
i, manda ce qui P y avoit conduit. C’est, s’écrì-'
„ a-t-il, que j’ai servi de Second. SoCrate , qui,, prenoit quelque intérêt au sort de cet Homme,
„ parce qu’il avoit lui - même péri d’une façotr„ violente, Socrate , dis-je, s’en approchant, se», prit à Pinterroger, avec ces maniérés fines &
„ railleuses dont il fut si bien se servir autrefois„ pour arracher aux vivans Paveu de leurs fautes.
„ Monsieur j lui dit-il, apprenez-moi , fil vous plaît ,
„ le sujet de votre quérelle. LE MORT. Je l’igno-,, re ; mais nous le saurons bientôt lorsque celui pour„ lequel je me battois fera venu ici ; car il a été blejje„ à mort. SOCRATE. Oserai -je vous demander ,
„ Monseur , si vous aviez du bien? LE MORT.
„ Oui Monsieur , j"en avois, que fui laisé en bon or~
„ dre. Je fis mon Testament la veille de cette ren-„ contre. SOCRATE. Líites vous ce Testament a~
,, vant que dy apposer votre Seing? LE MORT.
„ Sans doute. Comment , lui répliqua SOCRATE,
„ un Homme a la patience de lire son Testament , oú„ il ne f agit que de terres , fis il n’a pas la curiofité„ de faire une question qui doit décider de fa vie ?
„ A ces mots, cet illustre Grec tourna le dos à„ notre Homme qui fut aussitôt environné d’un„ nombre infini de petits Spectres. C’étoient les„ Esprits de gens qui pendant leur vie avoient„ joue le personnage de Bouffons & de Parasites,
„ & qai s’étoient fait casser la tête pour des im-„ pertinences. Chacun de ces Esprits-là se diver-„ tit atx dépens de mon Compagnon de voyage,
», & il y avoit dequoi pâmer de rire des questi-„ ons qu 3 on lui faisoit sur la Quarte, sur la Tier- .„ ce, Sc autres termes usitez dans les Salles d’ar-
R3 „ mes.