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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

A une Dame, sur son Petroquet.

Dans les teins fabuleux oà l'on dit que nos BellesA des Amans mortels faisoient sort les cruelles ,

La Chronique galante ajoute que les DieuxParement fans succès leur faisoient les doux yeux.

Sur un point toutefois cette ancienne ChroniqueD'une maniéré t obscure, à mon avis, s’’expliquesPrétendant que ces Dieux, auprès de nos Beautés,Durent se travefir , pour en être écoutés.

Le da, pour Jupiter, auroit été trop sage,

Si le Dieu ri*eut du Cigne emprunté le plumage.

Que sai-je, belle Iris, fi cet Oiseau charmantNe cache point chez vous quelque pareil Amant ?

Vos yeux, des Immortels méritant tout Phommage ,

Les pourraient , Pil le faut , abbaiffer davantage ,

Que ce beaux Perroquet est fier de vos faveurs!

On dìroit qu 1 il en sent le prix fy les douceurs.

Quels regards amoureux! Quels transports de tendresse!Venus en est jalouse-, fy bientôt la Déesse ,

Bannissant pour jamais les Pigeons de fa Cour ,

Fera des Perroquets le Symbole d!amour.

Je trouve cette Proposition assez raisonnable ,de donner la préférence au Perroquet , si le Pi-geon est banni. Le premier représente l’état d’unAmant qui recherche ; & le dernier est l’image d’unAmour qui possede. Mais pour accommoder leschoses , ne pourroit-on point faire comme lesgens qui attellent un troisième Cheval à un Car-rosse? A cet Exemple, le Char de Venus fera tirépar deux Pigeons précédés d’un Perroquet. Auíïïbien faut - il être Perroquet pour gagner le cœur